1978. Une finale de championnat du monde d'échecs qui vire au roman d'espionnage : un champion soviétique, un dissident apatride, et autour d'eux, le KGB, un yaourt suspect, un hypnotiseur, des yogis et même une histoire de magie noire.
Par Arthur Marotine10 juillet 2026
Anatoli Karpov (à g.) et Viktor Korchnoï, championnat du monde d'échecs, Baguio, 1978 · Photo : Getty Images
« Je suis venu aux Philippines pour jouer à un contre un. Ce n'est pas tout à fait ça : l'armée rouge entière est contre moi ! » — Viktor Korchnoï
L'histoire vraie et rocambolesque de la finale la plus paranoïaque jamais jouée dans le monde si particulier des échecs commence par une histoire de principes. Viktor Korchnoï est un dissident et défecteur de l'URSS, réfugié en Suisse cette année-là. Il espère, à la lumière de ce combat médiatisé, extrader sa famille restée au pays.
Le jeune Anatoli Karpov représente les soviétiques. Secondé par le KGB, qui n'hésite pas à mettre à sa disposition des moyens des plus créatifs pour déstabiliser Korchnoï et assurer la victoire à la Mère Patrie.